côte de mailles bouillue, côte de mailles foutue

jeudi 29 novembre 2007

#5: complainte du sieur valentin


En ces temps d'amourettes gluantes, de guimauves ritournelles et de courteoisie absconse, les Anglois point ne sont en reste. Peu seroit dire que chaud-bouillants sur la Saint-Valentin sont. Brûlants, ardents conviendroit mieux. Hélas, que doit penser une pucelle telle que moi lorsque, flânant dans les rues de la bonne ville d'Exeter, son frêle regard croise des affiches de cet acabit? Je cite:
SEX! WHO WANTS MORE? Valentine Party@Warehouse Club
Que dois-je donc penser? Eh bien tout simplement que:
1. Anglois font tout pour occulter leur victorien héritage, mais feroient mieux de livrer bastaille contre le cheddar en tube, denrée dont la propension à vous transformer en cul de nonne n'est plus à prouver.
2. Si Anglois savaient qui estoit véritablement le sieur Valentin, moins les fols feroient.
C'est pourquoi je m'en vais céans vous conter le triste dit du sieur Valentin. Mais avant toute chose, il me faut couper court aux critiques que déjà j'ouis s'élever. Comment? Une pucelle, investie d'une divine mission de surcroît, qui se plaît à salir la mémoire d'un saint homme? Certes. Sachez, marauds, que point je ne respecte saints hommes qui, bien que béatifiés et canonisés comme se doit, n'on pas sitôt gagné leur place à la droite du Fils qu'ils retournent leur veste et s'en retournent adorer le veau d'or comme au temps du barbu du Sinai. Foutre!

Or donc oyez, damoiseaux, damoiselles, la complainte du sieur Valentin

En ces temps où le bourgeon fleuronne, où l'oiseau chantonne et où la ribaude mignonne va voir si la rose est éclose, naquit dans une pauvre chaumine un garçonnet que l'on prénomma Valentin, car tel estoit le bon plaisir de ses géniteurs. Faconné par cette contrée gaillarde, nostre Valentin n'estoit pas plus haut que trois pommes que déjà taquinoit ce qui minois avoit.
Taquinoit voisines, tantes, épouses, promises, brus, cousines, fillettes, donzelles, voillottes, carnes, nourrices, laiderons, pucelles, catins, nonnes et abbesses.
Taquinoit escuyers, marmitons, confesseurs, diacres, cavaliers, vilains, tire-laines, boute-en-trains, larrons, bougres, pélerins et infidèles.
Taquinoit en Berry, en Poitou, en Saintonge, en Champagne, en Perche, en Anjoun, en Flandres, en Artois, en Aubrac, en Cévennes, en Dauphinois, en Quercy, et en Pays Arverne.
Mais tous les rouleaux de la bibliothèque d'Alexandrie point ne suffiroient à compliler tout ce que taquinoit. Partout sur son passage, c'estoient orgies et beuveries de potron-minet jusqu'au crépuscule. Si bien qu'au jour de son trépas, sentant son dernier souffle venir, il se repenti et demanda de l'introniser saint de l'amour vrai. Ce que Seigneur fit.
Las! Chassez le naturel, il revient au pas de course. Les intentions premières passées, la terre fut de nouveau envahie par les assauts valentins. Car le bougre avait flairé le filon. Repentance peut-être, mais pas le gousset vide. C'est pourquoi, chaque 14 février, sommes-nous submergés de ce que nous croyons être symboles de courteoisie, et qui ne sont en fait que la garde rapprochée du triste Valentin: ours en peluche au ventre musical (version "Sex Bomb" ou "Baby One More Time"), cartes pailletées, sucres d'orge en forme d'organes que la morale réprouve, petites culottes Tesco frappées de coeurs rouges, muffins tétoniformes et j'en passe... Langue de bois, langue de coton, même combat.

Montjoie! Saint-Denis! Que trépasse si je faiblis!

dead or alive

Oyez oyez,
Voici le genre de musique sur laquelle se trémousse la jeunesse anglaise. Ce clip passe en boucle au Ram, le pub de l'université d'Exeter (Semper Fidelis). Groupe phare d'un certain type de new wave que d'aucuns qualifieraient de "commercial", DOA a fait un retour en fanfare depuis que le chanteur du groupe, Pete Burns, a gagné "Celebrity Big Brother 2005". Enjoy.

Dead or Alive - You Spin Me Round (Like a Record)

#4: safer sex


Oyez, mais , la complainte d'une pauvre pucelle égarée en pays estrange

Non contents d'être ce qu'ils sont (id est bienyvres, bourrachous, lapeurs de purée maltée et humeurs de piot), Anglois sont en outre hérétiques. A mon grand dam, je vous l'avoue, ai-je fait ceste horrible découverte.
Point ne veux parlez de ceste hérésie que tous nous cognoissons, id la religion huguenote. Que nenni. Lors que hérésie veux dire , c'est hérésie véritable, adoration du démon qu'il fault entendre.

Car lors qu'estoit sur le chemin de l'eschole, je vis dans un sombre couloir des formes hagardes m'aborder. C'estoient quatre jouvencelles, toutes d'écarlate vêtues, portant braies microscopiques et la tête surmontée d'une paire de cornes écarlates elles aussi, et de surcroît pailletées.
"Arrière, poussière!" m'écriai-je à la vue de ce spectacle, n'osant point de mes yeux croiser le regard de ces succubes assoifées de sang. Mais point n'estoit au bout de mes peines. Ces démones femmelle n'estoient en réalité que rabatteuses pour un stand promotionnel, lequel, en guise de publicité pour un grand bal estudiantin à venir la semaine suivante, vendoit pots de cire espilatoire.

Fort bien, medirez-vous, point de quoi fouetter un esclave. Angloise et buveuses sont, mais femmelles néanmoins, et femmelles ont toutes droit de s'arracher le poil si cela les enchante. Certes, mais je vous répondroit qu'icelle cire n'estoit point pour gambettes ou cuisses, mais pour ce que le vulgaire nomme "maillot" ou encore "tablier de sapeur". En outre, cette cire estoit vendue avec pochoirs de formes diverses (coeur, éclair, losange) ce afin de donner une note festive à ses poils pubiens.

Mais qu'estoit donc le rapport entre cette cire à usage intime et ledit bal estudiantin? Eh bien sachez que ce soir même aura lieu en la bonne ville d'Exeter (Semper Fidelis) l'événement le plus attendu de l'année, à savoir le "Safer Sex Ball". Les estudiants ont fait la queue toute une nuit pour obtenir des places; certains ont mêm planté leur tente devant le bureau de vente, tandis que d'autres ont revendu leur ticket au noir marché pour la modique somme de 100 livres. Le principe de cette petite fête sans prétention est simple: environ 2000 étudiants le plus court vêtus possible agitent leur popotin sur des boum-boums de discothèque, tandis qu'on annonce un show-case de Rachel Stevens,ex-frontwoman de S Club 7. Du bonheur pour vos petites cages à miel en perspective. Sans compter qu'il est de bon ton de humer le piot plus que de raison. La rumeur veut que le tout s'achève en partouze géante, au plus grand bonheur de Belzébuth, Béhémoth, Lilith et Lucifer réunis.

La question que vous vous posez tous est donc la suivante: pourquoi "Safer Sex" s'appeler, si c'est pout louer les vertus de l'échangisme. Eh bien, c'est tout simplement que l'intégralité des bénéfices de la soirée seront reversés à la recherche contre la sida.

Amen

Montjoie! Saint-Denis! Que trépasse si je faiblis!

#3: la pucelle fait son jeu de l'oye


Oyez, oyez,

Plus n'est besoin de s'embrener le mou lors des longues soirées d'hiver. La pucelle a en effet la solution à vos mélancolies saisonnières, et c'est pourquoi elle vous convie céans à son Grand Jeu de l'Oye.

Règle
C'est un jeu de l'oye traditionnel, à cela près qu'avant de commencer, les joueurs reçoivent 10 OS (Odeurs de Sainteté) qui peuvent être matérialisés par des camemberts de Trivial Pursuit.
Et maintenant, place au jugement de Dieu.

1. La campagne lorraine. Dieu vous parle au beau milieu de vos moutons. Toute gaillarde, vous vous en allez de ce pas bouter les Anglois hors de nostre belle France. Chaque joueur vous donne un OS et vous avancez de 5 cases.

2. Première bastaille. La soldatesque vous rit au nez, car elle vous prend pour un vulgaire mignon bêtement grimé en femmelle. Vous passez un tour, le temps de leur ravager la gueule à coup de ceinture de chasteté.

3. Arrivée en lice de vostre futur compain le sieur Gilles de Rais. Vous avancez de trois cases mais perdez 3 OS. Les joueurs ayant des enfants passent un tour.

4. Première rencontre avec le Gentil Dauphin (GD). Avancez de 10 cases et reculez de 15.

5. Frère Jean des Entommeures, qui s'est trompé de guerre (la Picrocholie c'est par là, merci) décime les troupes angloises. Comme personne n'entrave ce qui s'est passé, vous recevez 1 OS mais passez un tour.

6. Couronnement du (GD° en la cathédrale de Reims. Pour fêter vostre succes diplomatique et les 5 OS que vous avez gagnés, vous usez et abusez de la liqueur vinicole locale et passez un tour.

7. Procès de Gilles de Rais. Vous perdez tous vos OS car d'une part, c'est diablerie qu'une pucelle comme vous ait pu s'acoquiner avec un châtelain hérétique, sorcier, sodomite et éventreur de petits enfants, et d'autre part, vous êtes sacrifié sur l'autel de la bête ignorance, car vous ne pouvez assister à ce procès, sachant que le père Gilles vous avue rôtir à Rouen. Revoyez vostre histoire de France, bougre de cul de nonne!

8. Vous entrez dans Orléans. Vous gagnez 10 OS et avez mesme le droit de rejouer car, estrangement, tout va bien. Mais cela ne sauroit durer.

9. Après un procès truqué, les Anglois vous font rostir toute crue à Rouen, à l'époqie où ils n'estoient point encore amateurs de viande bouille. Vous voulez vous la jouer comme Jésus et criez "Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?" mais personne ne vous entend, car les futurs huguenots sont trop occupés à ripailler et ribauder à tout crin. Vous passez un tour mais gagnez 30 OS

10. Le pape vous canonise, et depuis lors, le 1er mai, des bouffres vêtu de bleu-blanc-rouges menés par un vieillard borgne processionnent en vostre honneur dans les rues de Paris sises à l'Occident du méridien Concorde / Place Vendôme / Fauchon. Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir. Vous perdez toutes vos OS et ça tombe bien, car c'est la fin du jeu.

mercredi 28 novembre 2007

#2: la pucelle tombe de haut

Quel déchirement, amis, que de quitter la bonne ville de Lyon. Mais, foutre, in vino veritas, les tavernes de l'ex-capitales des Gaules me pardonneront mes infidélités avec les auberges angloises, également nommées "peubes" dans la langue locale. Seule ombre au tableau, lesdits établissement sont fréquentés par étrange populace, j'ai nommé les estudiants. Ils pullullent en la verte cité d'Exeter (Semper Fidelis). Ce sont compères et commères d'âge tendre, qui vont éructant et flatulant de par les rues en quête de quelque cervoise tiède qu'ils ne tardent pas à trouver, les "peubes" étant ici en surnombre. Les femmelles, surtout, semblent ne point craindre la colère de Dieu, car elles vont gambadant la cuisse presque nue et la face peinte telle une chariotte volée. D'autres encore se distinguent par leur noire vêture, et on les dit venus du pays des Goths; et ainsi ne se mêlent-ils que peu aux autres escholiers, qu'ils semblent fuir comme peste et malemort.
J'ai fort admiré leur propension à la réjouissance. Alors qu'en nostre belle France, chahuts estudiantins n'ont lieu qu'une fois l'an à la Saint Charlemagne, fêtes à tout casser sont ici chaque soir de mise. C'est grand spectacle que de les voir s'adonner sans lassitude à ripailles, beuveries, danses et ribauderies sans fin. Et de se demander comment un peuple si amateur de liqueur de tonneau et d'essence de houblon a pu défaire de la sorte les troupes de notre gentil dauphin à Azincourt.
Mais j'entends déjà le cor annonçant le début de l'année scolaire. Pardonnez-moi de vous quitter si tôt, mais j'ai quelques Godons à mater.
Montjoie! Saint-Denis! Que trépasse si je faiblis!

#1: premiers symptomes


J'ai, en toute connaissance de cause, accepté la mission qui m'a été confiée: partir neuf lunes durant en pays d'Albion afin d'initier sa blonde marmaille des mystères de notre biau langage françois. L'esprit de la sainte pucelle s'est emparé de moi lorsque, peu de temps avant mon départ pour le bonne ville d'Exeter (Semper Fidelis), un certain monsieur dont je tairai le nom afin de na pas nuire à réputation de médecin ophtalmologiste dont le cabinet est sis 27 avenue de Laon à Reims (51), ce monsieur, donc, m'a ordonné, afin de faire honneur de notre belle patrie (fille aînée de l'Eglise comme chacun sait) de, je cite "tuer plein de Godons" une fois arrivée en Grande-Bretagne. Mon obsession pour tout ce qui, de près ou de loin, est vaguement médiéval n'étant plus un secret pour personne, vous imaginez combien cette boutade m'a donné moultes idées. Aussi vous abreuverai-je, au gré de mon humeur et des événements, du récit de mes pérégrinations en terre anglo-saxonne, version "Sacré Graal". J'ai dit.

medieval madness

Il aurait fallu y songer plus tôt. En effet, pourquoi ne pas transformer le "dit de jehanne", qui vient de souffler ses deux bougies et demies, en blog? Merci, Philippe, pour cette brillante idée. Ainsi, plus de boîtes mails encombrées, plus d'oublis malencontreux dans les mailing lists, et surtout, libre à vous de vous abreuver (ou pas) à intervales réguliers (ou pas) de singeries médiévales. En attendant une nouvelle livraison, voici les anciens épisodes en version updatée, remastérisée et botoxée. Bonne lecture, et que le Seigneur vous aie en sa sainte garde.